Le Forum de la Cité  

Plan Forum de Pompei

Cette grande place rectangulaire mesure 38 mètres de largeur sur 142 de longueur. Elle est parfaitement orientée du nord au sud et fut, à l'origine, entourée d'un portique et d'une loge. Il nous en reste les colonnes et partie de la trabéation en tuf, du coté du secteur sud (époque Samnite), les colonnes et la trabéation en travertin (coté ouest), vestiges d'une réfection inachevée, datant de l'époque romaine. Ce portique était surmonté d'une galerie, aux colonnes plus légères et plus élancées, dont nous possédons de nombreux restes, et à laquelle donnaient accès des escaliers. Du coté sud de la place, devant le portique et en partie dans les entrecolonnes, on peu encore voir une longue série de bases qui soutenaient jadis les statues honoraires, en marbré ou en bronze, d'éminents citoyens de la colonie. 

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Dans une de ces bases, pourtant, plus large et massive que les autres, placée au centre du coté sud, on a récemment reconnu le " suggestum, c'est-à-dire la tribune des orateurs. Portique et galerie se découpaient, en les cachant en partie, sur les façades des édifices construits du coté de l'est, de l'ouest et du midi, de sorte que, sur cette immense place, entourée d'un portique et pavée de belles dalles de travertin, déchaussées pour la plupart, la vue n'était libre que vers le fond où se dressait, au delà des deux grandes ouvertures des Arcs Triomphaux, la masse imposante du Temple de Jupiter, symbole du Capitolium de la ville. 

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Parmi tous les Forums, italiques et romains, que nous connaissons, celui de Pompéi est le plus parfait et le plus grandiose au point de vue architectonique. Sa vue nous ramane, par l'analogie des formes architectoniques, à la Place de Saint-Marc à Venise. À cette époque, comme à celle des Communes italiques, un principe architectonique domine: le temple ou l'église, tout à l'extrémité d'une vaste place, entourée d'un portique sur les trois autres côtés. Mais à Pompéi, par surcroît, la nature est venue compléter le décor. D'un coté, derrière les ruines du Temple de Jupiter, la saillie encore menaçante du Vésuve. De l'autre, derrière les portiques et les édifices de la Curie, le long et solennel rideau azuré des monts Lattari (Lactarii Monts).

Le Forum était le centre religieux, politique, civil et économique de la ville. Tous les principaux édifices publics vinrent donc peu à peu se grouper autour de lui, en concentrant ainsi, vers cet unique et grand débouché, toute la vie citadine. Au centre, tout au nord, le Temple de Jupiter appartient au type italique: haut podium avec les saillies sévères de soi-disant " style toscanique ,, : doublé ordre de gradins, profond pronaos entouré de colonnes corinthiennes, cella décorée d'une colonnade à l'intérieur.Bâti suivant un plan plus simple vers l'an 150 av. J.-C, il deviendra plus tard à l'avènement de la colonie de Silla, le temple consacré à la triade capitoline de Jupiter, Junon et Minerve; on y a en effet trouvé une tète colossale de Jupiter (maintenant au Musée de Naples). Gravement endommagé par le tremblement de terre de l'an 63 après J.-C, il se trouvait encore en fort mauvais état, lorsque survint l'éruption de l'an 79.


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LA BASILIQUE

Plan Basilique Pompei

La Basilique de Pompéi offre cet intérêt d'être la plus ancienne basilique dont on puisse, dans sa disposition première, étudier le pian et l'ordonnance. Elle est presque contemporaine des premières basiliques de Rome. Un Pompéien nommé C. Pumidius Dipilus écrivit son nom sur un de ses murs intérieurs, chose d'ailleurs assez ordinaire ; mais il eut l'idée plus rare de mettre la date : « le cinquième jour avant les nones d'octobre, sous les consulats de 31. Lepidus et de Q. Catulus », c'est-à-dire le 3 octobre de l'an 78 avant J.-C. Pas plus que sur la date ancienne à laquelle la basilique existait déjà, nous ne pouvons nous tromper sur la nature du monument car le stuc de son mur extérieur, près de l'entrée latérale du coté sud, porte plusieurs fois le mot Bassilica. Le style de la basilique et le tuf employé dans sa construction, les restes de peintures du mur intérieur qui révèlent la manière la plus ancienne, le premier style, nous permettent de fixer l'époque de sa fondation à la fin du II° siècle avant J.-C.

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Vitruve a laissé un pian de la basilique romaine auquel ne correspond pas celui de la basilique de Pompéi. Celle-ci, en effet, est une basilique grecque. Elle n'a pas la grande largeur des basiliques de Rome, les portiques ouverts sur tous les côtés qui permettaient d'y circuler à l'aise, d'y entrer, d'en sortir sans gène ; ce n'était pas, en un mot, comme les basiliques romaines, un forum couvert. Elle n'a pas non plus le second étage formant balcon tout autour de la nef centrale ; elle ne ressemble donc en rien à la basilique Julia.
Cinq portes, séparées par quatre pilastres rectangulaires, introduisent du portique du Forum dans le vestibule de la basilique ; devant les deux pilastres du centre, des bases revêtues de marbré, encore en place, supportaient des statues. 

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Le vestibule plus large, comme nous l'avons déjà fait remarquer, à l'extrémité nord qu'à l'extrémité sud, corrigeait l'orientation première du monument indépendante de celle du Forum; au fond, quatre colonnes dont les deux extrêmes s'engagent dans un massif rectangulaire auquel fait face un autre massif appuyé au mur latéral, encadraient, au-dessus de quatre degrés, les cinq portes d'entrée de la basilique correspondant aux cinq portes du vestibule.
Sur ses quatre côtés, la nef centrale était entourée de colonnes d'ordre ionique, trente en tout, hautes de 11 mètres. A l'intérieur de cette nef et au pied des colonnes, sauf sur le petit coté correspondant à la façade, courait, dans le sol, un caniveau en terre cuite traversant, de distance en distance, huit petits bassins plus creux où l'eau tombée des gouttières s'épurait avant de se déverser dans une citerne.

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Une margelle en marbré, qu'on a remise en place après l'avoir enlevée, entourait un regard sur cette citerne, aujourd'hui ferme: il était place entre la sixième et la septième colonne du coté nord de la nef, devant la porte latérale ouvrant sur la via Marina. D'après M. Breton, le sol de cette nef centrale, plus bas au moment de la découverte que celui des bas côtés, a malheureusement été nivelé depuis ; l'ancienne disposition a porté cet auteur à adopter l'opinion énoncée dans le rapport sur les fouilles de la basilique, que la nef centrale n'était pas couverte : opinion qui n'a guère été admise. Cependant, la disposition des caniveaux, la margelle de puits placée comme le sont dans les maisons particulières les puits au bord de l'impluvium, des fragments de chéneaux, d' antéfixes, de tètes de lion en terre cuite, toutes choses indiquant des gouttières, semblaient donner raison à M. Breton. 

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Les bas côtés ont une largeur de cinq mètres quatre-vingt-cinq. Dans les deux murs latéraux, à chacune des grandes colonnes de la nef centrale correspond une colonne corinthienne cannelée, engagée à demi, haute de six mètres quatre-vingt-dix centimètres voir fig. 20, p. 33). Au-dessus de ces demi-colonnes, rien du mur n'a subsisté. C'est donc à laide des débris retrouvés et dispersés çà et là qu'il faut le reconstituer. M. Aug. Mau a tiré de cette étude la conclusion que la partie supérieure du mur, qui arrivait naturellement à la hauteur de l'architrave des hautes colonnes de la nef centrale, se composait de parties pleines percées d'une fenêtre, alternant avec des parties ouvertes dont l'entablement était soutenu par deux colonnes libres posées entre deux demi-colonnes engagées dans la partie pleine.

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A l'extrémité de la basilique une plate-forme haute de deux mètres, ornée de colonnes que le tremblement de terre a renversées en partie, constituait le Tribunal. Sa disposition architecturale qui comprenait deux étages, son ornementation étaient en parfaite concordance avec le style et l'ensemble de l'édifice. On avait utilisé l'élévation du massif du tribunal pour ménager au-dessous et dans son épaisseur un caveau voûté dans lequel descendait, de chaque coté, un petit escalier tournant ; ce réduit était, sans aucun doute, utilisé pour le service. Il fallait bien serrer quelque part les balais, les sceaux, tout ce qui servait à l'entretien et à la propreté intérieure de l'édifice. La cage de l'escalier qui descendait à cette crypte servait aussi à l'escalier en bois, aujourd'hui disparu, par lequel on montait au tribunal.

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A droite et à gauche du tribunal, l'extrémité des bas côtés, barrée par un mur, formait une pièce sans doute réservée aux juges et au personnel. On voit les fondations du mur de celle de gauche.
Les grandes colonnes de l'entrée et du centre sont curieusement bâties : un noyau de briques rondes superposées est entouré de sections de briques pentagonales posées à plat au nombre de dix par couche, ordonnées de telle sorte que les angles saillants de ces sections forment, tout le long de la colonne, les arêtes des cannelures. Un revêtement en stuc donnait à l'ensemble la beauté et la grâce d'une belle colonne en marbré ; un stuc peint, très fin, revêtait également les chapiteaux ainsi que les colonnes engagées construites aussi en briques ou en blocage. Sur les murs et sur le tribunal, des plaques de stuc faisant une légère saillie imitaient, par leurs formes et leurs couleurs, des incrustations de marbré aux tons variés. Deux larges bandes, l'une rouge l'autre noire, séparée par des filets jaunes, rouges, verts et blancs décoraient la plinthe.

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Devant le tribunal, un piédestal haut de deux mètres supportait une statue équestre en bronze dont, au moment des fouilles, on a retrouvé quelques débris.
La basilique de Pompéi, avant le tremblement de terre de l'an 63. Devait être un bel édifice. Ses colonnes de stuc peint, élégantes et légères malgré leur circonférence proportionnée à leur hauteur, les beaux chapiteaux finement colorés portant si haut le plafond richement lambrissé des bas côtés, les murs imitant, de toutes parts. le ton et le brillant des marbres précieux, l'étroitesse même de l'édifice qui en exagérait encore l'élévation, tout cela devait produire sur l'esprit de ceux qui entraient dans la basilique de Pompéi une grandiose impression.

Nous savons ce qu'étaient les basiliques romaines, palais de justice avant tout, puis lieu de réunions, de conférences, de flânerie ; quand une averse chassait du Forum les badauds, c'était sous les portiques ou dans la basilique que se reformaient les groupes un moment dispersés. Comme à Rome dans la basilique Julia, comme à Timgad, nous aurions retrouvé, si le dallage n'avait pas péri, les jeux tracés par les forenses pour occuper leurs nombreuses après-midi de farniente. Ils ont laissé sur les murs assez d'inscriptions de tout genre pour attester leurs longs séjours oisifs dans cet édifice. On y lit plus de vers supportables et plus de réminiscences des écrivains alors à la mode que parmi les graffites des autres endroits de Pompéi; le public de la basilique, une partie au moins de ce public, était plus lettre que celui dont nous lisons ailleurs les pensées.


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temple de apollon

Plan temple Apollon Pompei

Pendant longtemps ce temple passa pour être celui de la Vénus pompéienne. Aujourd'hui on ne peut plus mettre en doute sa véritable attribution. Une inscription en langue osque mentionnant des travaux exécutés dans le temple même avec le trésor d'Apollon, la présence de Tomphalos, symbole du dieu, reste dans la cella, un grand trépied, indépendant de la décoration générale, peint sur le mur latéral à droite de l'entrée, en sont des preuves plus que suffisantes. Apollon d'ailleurs, très honoré à Pompéi, y avait de nombreuses statues : dans son temple, dans les maisons de Joseph, des cinq squelettes, de la chasse, etc. ; il figure mille fois en peinture, soit seul, soit avec d'autres divinités : Artémis, Hermès, Asclépios. Quelquefois il est simplement indiqué par quelqu'un de ses attributs isolé : la lyre, l'are, le carquois, l'omphalos, quelquefois aux pieds de Mercure, avec ou sans le serpent Python, le trépied, le corbeau, le griffon, la couronne de laurier ;

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 ses nombreuses aventures, parmi lesquelles reviennent souvent l'histoire de Daphné, la lutte contre Marsyas, la mort du serpent Python, s'étalent au milieu des panneaux aux vives couleurs. Apollon était donc, à Pompéi, en possession d'un des plus beaux temples de la ville, adoré publiquement et aussi accueilli dans les maisons privées avec une très grande faveur. Il symbolisait en effet, pour les Pompéiens épris d'art, de brillantes couleurs, de belle nature, l'éclatante lumière, l'harmonie des sons, des couleurs et des formes, la grâce et la beauté.
Dès l'entrée qui ouvre sur la rue de la Marine, le grand mur en belles pierres de tuf recouvertes de stuc, les montants de la haute porte à quatre battants, large de trois mètres, dénotent un édifice appartenant à la belle époque de l'art Samnite.

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Cette porte franchie, on se trouve dans une vaste aéra entourée d'un portique qui avait  deux étages. Les colonnes, cannelées, sont en tuf recouvert de stuc, avec chapiteaux ioniques et triglyphes. Le portique est surélevé de deux marches, dont la supérieure, moins haute, est constamment interrompue par les bases des colonnes. Dans la partie inférieure des colonnes les cannelures restent pleines jusqu'au tiers, précaution souvent prise à Pompéi parce que, dans la partie basse, les arêtes vives des cannelures auraient été trop exposées aux chocs involontaires. Tout autour de l'area, sur le bord de la toiture, les antéfixes alternaient avec des gueules de lion par lesquelles les eaux pluviales se déversaient dans un caniveau courant au pied des colonnes.

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Des statues contribuaient à l'ornement de cette cour monumentale: à droite, l'Hermaphrodite, Apollon tirant de l'are, Mercure drapé, la partie inférieure du corps emprisonnée dans une gaine en forme d'Hermès ; à gauche, Vénus, Diane faisant vis-à-vis à son frère et, comme lui, tirant de Tare; en face de celle de Mercure, la statue de Maia. Les villes italiques unissaient souvent dans un même culte Mercure et sa mère Maia ; à Pompéi on a trouvé plusieurs inscriptions mentionnant des ministres de Mercure et de Maia auxquels est associée quelquefois la divinité d'Auguste. Devant les statues de Vénus et de Diane se dressent des autels.
Ce temple, d'époque préromaine, fut très éprouvé par le tremblement de terre de l'an 63 et le portique de son area fort maltraité.

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Quand survint l'éruption on le restaurait dans un goût plus moderne. Les triglyphes de l'architrave, déjà dépareillés par la substitution des chapiteaux ioniques aux lourds chapiteaux doriques, récurent une couche de stuc sur laquelle furent sculptés des griffons et des guirlandes aux vives couleurs; aujourd'hui le stuc est tombe et l'ancienne ornementation a reparu, mais on voit sur la pierre la moucheture des petites entailles destinées à favoriser l'adhérence du stuc. Complètement dissimulés sous un stuc épais, les chapiteaux des colonnes, sculptés de nouveau, revêtirent une ornementation plus riche, se rapprochant du style corinthien et peinte en bleu, jaune et rouge. Les murs du portique aussi récurent des peintures bien différentes de l'antique ornementation architecturale. Une série de tableaux représentait l'histoire d'Achille bien populaire à Pompéi : sa colère, la députation des Achéens, la mort d'Hector traine autour des murs de Troie par le héros vainqueur, le vieux Priam demandant, dans l'attitude d'un suppliant. le cadavre de son fils, le vol du Palladium. 

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Un petit paysage figure une villa sur une ile rocheuse baignée par les flots ; le feuillage encadre les toitures ; une barque aborde, une autre vogue au large. Ailleurs, des nains, négrillons grotesques, se livrent à des jeux ou fuient effarés devant un crocodile. On ne voit plus que des traces de ces peintures effacées ou transportées au musée de Naples.
Des maisons étaient situées à l'ouest du temple et qui avaient vue sur l'intérieur du portique. En partageant entre les intéressés une indemnité de trois mille sesterces, le duumvir M. Holconius Rufus acheta le droit de construire devant ces fenêtres un mur montant jusqu'à la hauteur du toit. Nous avons vu que, du coté du Forum, le mur, par une légère inclinaison, corrige l'orientation du portique.

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Surélevé sur un podium ou soubassement haut de deux mètres trente centimètres, le temple occupe la partie nord de l'area. Un escalier de quatorze marches y donne accès. En avant de cet escalier, sur l'area, un bel autel porte les noms des deux duumvirs et des deux édiles qui l'ont érigé. A gauche de l'escalier une colonne soutenait un cadran solaire offert par les duumvirs L. Sepunius Sandilianus et M. Herennius Epi-dianus, les mêmes qui ont orné d'un don semblable le banc semi-circulaire ou schola du forum triangulaire; à droite, un large soubassement en tuf marque peut-être la place où était érigé un second autel.
La cella, entourée d'un portique de trente colonnes corinthiennes, six sur les petits côtés, s'élève sur le podium. Son mur qui, dans l'état actuel, ne dépasse pas deux mètres, est, à l'extérieur, recouvert de plaques de stuc en relief encadrées dans des oves et des filets, grandes sur la partie basse du mur, plus petites à la partie supérieure.

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D'épais pilastres cannelés, en stuc, dissimulent les angles. Devant et autour de la cella, entre son mur et les colonnes, une fine mosaïque blanche recouvre le sol.
A l'intérieur de la cella, dans laquelle on entre par une large porte à quatre battants, le mur est également recouvert de stuc en relief imitant les plaques de marbré; c'est le mode de décoration le plus ancien, celui que l'on appelle "le premier style" ; aussi, là où le stuc a disparu, on voit que le mur est construit en pierre du Sarno. Sur le sol, une incrustation simule des cubes en marbré blanc, gris et vert, posés sur un de leurs angles et donne l'illusion d'un relief qu'on hésite à fouler aux pieds. Les Pompéiens aimaient ce genre de dallage qui se rencontre plusieurs fois. Dans la cella on voit encore l'omphalos, et, au fond, la base sur laquelle reposait la statue d'Apollon aujourd'hui disparue. 

Le tremblement de terre n'a pas plus épargné le temple que le portique. Toutes les colonnes ont été renversées, les marches de l'escalier disjointes, le sol plus ou moins bouleversé.

A l'extrémité nord du portique, une porte ouvre sur un appartement compose de plusieurs chambres peu étendues. Là, sans doute habitaient les aeditui ou gardiens du temple. Dans la première de ces chambres une peinture que de plus en plus s'efface représente Dionysos nimbé, appuyé sur Silène qui joue de la lyre ; le dieu tient le thyrse de la main gauche et, de la main droite, laisse couler sur une panthère couchée à ses pieds le contenu d'un canthare.


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LA CURIE
Les Duovirs - La Curie - Le Tabularium 

Plan Curie Pompei

Le coté sud du Forum, en face du Temple de Jupiter, est occupé par trois édifices que séparent des allées étroites qui débouchent sous des portes, de telle sorte que, présentant une façade unique, les trois édifices n'en font qu'un. Ce sont les monuments consacrés à l'administration municipale, la Curie.
Celui au centre, la Curie( A ), massif en maçonnerie, un perron haut de un mètre, long de plus de cinq, large de 1 mètre 60 et termine à chacune de ses extrémités par un escalier étroit, occupe devant la porte, le centre de la façade de la salle du milieu, la seule qui fût achevée en l'an 79. Il forme, sur le portique ferme à cet endroit par une balustrade et sur le Forum qu'il domine, une sorte de tribune. C'est par là qu'on entre dans la salle dont le sol, par conséquent plus élevé que le Forum, est au niveau du perron.

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L'ornementation intérieure se composait d'un revêtement en marbré dont on a retrouvé de nombreux fragments et d'un double ordre d'architecture comprenant de chaque coté deux rangs de huit colonnes superposées dont les bases sont encore en place. A l'extrémité, une niche à fond plat abritait des statues de divinités ou d'empereurs qui ont disparu et un "suggestus" élevé. On peut supposer que c'était la salie des séances du conseil des décurions.
Les duumvirs et le Tabularium se partageaient les deux autres salles suivantes. La seconde salle, celle de droite, le Tabularium, voisine de la basilique, ouvre dans l'axe du portique du Forum. On y entre par une sorte de vestibule plus bas de deux marches que la  salle elle-même. Une abside semi-circulaire pavée de marbré et un piédestal forment le fond de l'édifice.  

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Des pilastres divisent les murs latéraux en panneaux alternativement pleins et percés de niches. Cette salle inachevée n'avait pas encore reçu en l'an 79 son revêtement de marbré.     Le Tabularium est un bâtiment qui abritait des documents importants et les décrets dans la Rome antique. Pour bien comprendre l'importance du Tabularium, il faut se rappeler que c'était l'endroit où les actes, documents et lois ont été logés. Pour le dire en termes modernes, cela a été les Archives nationales de la Rome antique. La salle de gauche, le Duumvirs, plus petite que les deux autres, n'en différait guère comme dispositions intérieures. Une petite porte de coté lui donnait une sortie indépendante de l'entrée principale. Devant cette salle comme devant celle du milieu, le portique du Forum formait un vestibule que l'on pouvait s'entretenir et discuter.Ces trois salles, dont les murs étaient en briques, remplaçaient les édifices renversés par le tremblement de terre de l'an 63. Dans la salle de gauche, on voit encore des restes de la construction plus ancienne bâtie non avec des briques, comme les murs nouvelles, mais avec des moellons de tuf novés dans du mortier.

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LE COMITIUM
La Salle Du Vote

lan Comitium Pompei

Le Comitium était situé à l'embouquement de la Rue de l'Abondance sur le Forum, à gauche. Il avait deux entrées: l'une sur la Rue de l'Abondance et l'autre sur le Forum, face à la Curie. Il présidait à l'un des actes les plus importants de la vie publique de Pompéi, les élections aux charges municipales, votées par le peuple. Un édifice d'origine sans doute Samnite vu sa structure et forme archaïque. Le portique de Popidius abritait la façade qui regarde le Forum ;  sur la rue de l'Abondance, des trous ménagés dans le pavé du trottoir surélevé en cet endroit de quelques marches permettaient d' établir des barrières volantes comme pour faire défiler en ordre une foule nombreuse. 

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L'entrée de l' amphithéâtre offre une disposition analogue . L'intérieur comprend une salle unique, rectangulaire, de 21 mètres sur 17 environ et probablement non couverte. Dans l'angle sud-ouest, un petit escalier monte vers deux plates-formes hautes d'un peu plus d'un mètre ;  l'une à gauche regarde l'intérieur de cette grande pièce; celle de droite, le portique du Forum ; mais de ce coté un mur plus récent l'a condamnée.  Tout autour, des niches décoraient les murs intérieurs. Quelques auteurs ont pris cet édifice pour une école et les niches pour les armoires des livres, ce qui n'est pas admissible. D'autres en ont fait le lieu où les cit0yens de Pompéi venaient voter pour l'élection de leurs Magistratas.

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  On voit dans ce lieu  un Comitium, établi dans cet édifice par les colons de Sylla à l'image de celui de Rome.
Il est impossible de donner à ce monument une attribution qui ne soit très hypothétique. De construction Samnite, il fut réparé plusieurs fois par les Romains qui, construisant des murs entre les pilastres de ses deux façades en portique, ne lui laissèrent, au lieu de ses multiples ouvertures, que deux portes. Si les Samnites avaient là leur tribune, il est naturel que les Romains l'aient murée pour abolir ce symbole de l'ancienne  autonomie.

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EDIFICE DE eUMACHIA

Plan Edifice Eumachie Pompei

L'Edifice de Eumachia est la plus grandiose construction du Forum après la Basilique. Dédiée par la prêtresse Eumachia, patronne de la Corporation des Fullones, à la Concordia Augusta et à la Pietas, il servait de siège à cette corporation des blanchisseurs, teinturiers et drapiers, corporation qui devint, avec le temps, assez puissante pour jouer un rôle de premier pian dans la vie commerciale de la ville et lors des élections municipales. Du coté du Forum, cet édifice présentait une façade magnifique à deux ordres de colonnes et à revêtements de marbres sur ses murs en briques. Une grande porte, à laquelle on a récemment restitué son antique encadrement de marbré, magnifique modèle d'art décoratif romain, donne accès à l'intérieur. Sur une plaque en marbre on lit : 

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Eumachia L(uci) f(ilia) sacerd(os) publ(ica) nomine suo et M(arci) Numistri Frontonis fili chalcidicum, cryptam, porticum Concordiae Augustae Pietati sua pequnia fecit eademque dedicavit

“Eumachia fille de Lucius prêtresse  publique (de Venus),à son nom et de son fils Marcus Numistrius Fronto, construit à ses frais le vestibule, la galerie couverte et les portiques: elle même se dédia au culte de la  Concordia et à la Piétas Augusta”.

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Dans cette inscription est rappelée la famille romaine des Eumachii: elle a les origines en Campanie, et donc probablement grecque; comme beaucoup de familles de ces zones, elle  devait sa chance à la culture des vignobles mais ils se prodiguaient aussi dans l'industrie des amphores en terre cuite  en collaboration avec les gents du Lasii. Sous le royaume d'Auguste une partie de la famille s'établit dans la ville de Pompéi et Eumachia deviens  mariée d'un héritier des gens nobles des Numistrii, d'origine de Lucania (actuelle Calabre nord); il est probable qu'à la mort du mari, toute sa richesse considérable passa à elle, une richesse dérivée d'une une activité florissante de production de la laine. Elle devint en outre, grâce à ses origines nobles la prêtresse principale du culte de Vénus, sûrement le plus important du Pompéi  en époque romaine.

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Une inscription toujours ici retrouvée, indique par qui fut construit cet édifice et quelles étaient ses différentes parties. Ses hautes et belles lettres profondément gravées occupaient, devant l'édifice, l'architrave du portique du Forum ; on en a retrouvé la plus grande partie. Elle se voit aussi en place, au-dessus d'une porte latérale du même édifice, du coté de la rue de l'abondance. Il y est dit que, en son "nomi" (nom) et au nomi (nom) de son fils, M. Xumistrius Fronto, Eumachia, prètresse publique, a fait construire à ses frais le chalcidicum, le portique couvert, les portiques intérieurs et les a dédiés à la Concorde Auguste et à la Piété.

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Le chalcidicum est la partie du portique du Forum transformée par Eumachia en vestibule de l' édifice quelle restaurait si magnifiquement. Aussi long que l'édifice et bien large, il occupe tout le trottoir compris entre la façade et l'area du Forum. Sans leur être entièrement semblables, les colonnes s'harmonisaient par la matière et par la forme avec celles du Forum. Les beaux caractères de l'inscription dont nous avons déjà parie garnissent complètement l'architrave. A l'intérieur de ce chalcidicum, comme devant le marche, seize bases disposées en avant des colonnes portaient des statues qui faisaient face au monument. Ce portique pouvait être ferme à l'aide d'une grille scellée dans les colonnes. La façade de l'édifice qui en formait le fond était ornée, de chaque coté de la porte, d'un hémicycle, d'une niche et, dans un enfoncement, d'un terre-plein auquel montait un escalier latéral.

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L'hémicycle et les niches renfermaient des statues : celles d'Enée et de Romulus, peut-être aussi celles de César et d'Auguste. Quant aux terre-pleins et à leurs escaliers, il est plus difficile d'en expliquer l'usage ; il en existe un semblable à la suite des boutiques appliquées sur la façade du marche (Macellum). Pour ces éléments, plusieurs hypothèses : un endroit d'où l'on haranguait la foule, ou  un tribunal pour les ventes aux enchères, ou peut-être des places réservées à quelques statues. Toute la façade était couverte de marbres précieux dont quelques débris ont subsisté. Au centre, un beau chambranle élégamment sculpté orne la porte large de 4 mètres ; le seuil existant est encore en place.

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La porte franchie, on se trouve sous un portique à deux étages, d'ordre corinthien, surélevé de deux marches et entourant une area longue de trente-huit mètres sur vingt. Son mur de fond, percé de nombreuses ouvertures, était orné d'une plinthe en marbré africain avec moulure en marbré blanc que surmontaient des peintures d'un beau style aujourd'hui disparues. Un fragment de comice orné de feuilles d'achantie et d'animaux, conservés au Musée de Naples. prouve la beauté de l'ornementation disparue. Au fond de l'area, en face de la porte principale, une avancée du portique formait une entrée monumentale à une abside semi-circulaire dont la voûte, soutenue par deux pilastres carrés, abritait une statue posée sur un haut piédestal, sans doute celle de la Concorde, dont on a trouvé quelques débris.

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A droite et à gauche une niche renfermait d'autres statues. Tout autour, sauf du coté de la façade, le portique se doublait du cryptoportique mentionné dans l'inscription, illuminé par les nombreuses fenêtres du mur de fond, dix pour chacun des côtés. On y pénétrait par deux portes percées dans le mur du portique, à droite et à gauche de l'entrée principale. Au centre du petit coté du cryptoportique, derrière l'abside de la Concorde, on a trouvé, dans sa niche, encore en place sur son piédestal, la statue de la prêtresse Eumachia, un peu plus grande que nature. Elle garde quelques traces de peinture. Cette statue était bien un portrait d'Eumachia avec son expression mélancolique et douce. Sur le socle est gravée l'inscription suivante : à Eumachia, fille de Lucius, prêtresse publique, les foulons.

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Si Eumachia a fait restaurer ce monument et si, dans ce monument même, les foulons ont élevé une statue à Eumachia, c'est, sans aucun doute parce que le monument était à l'usage des foulons. Il y avait à Pompéi plusieurs fouleries; la corporation des foulons était nombreuse et puissante; probablement Eumachia en était la gérant   et propriétaire d'une foulerie qu'elle faisait exploiter. Ce vaste édifice, si luxueux et si bien aménagé par elle, servait peut-être aux foulons de bourse ou ils établissaient les prix, de lieu de réunion et de salle où ils vendaient les produits de leur industrie.

Comme le portique, le cryptoportique était décoré de peintures, mais, au lieu de marbre, le soubassement portait sur fond noir des images de fleurs variées ; au-dessus, les panneaux alternativement jaunes et rouges, ornés de très petits sujets, ont aujourd'hui presque entièrement disparu. A l'angle sud-est de l'édifice, un escalier divisé par un long palier descendait vers la rue de l'Abondance à coté d'une fontaine ornée du buste de la Concorde Auguste. Au-dessus de cette porte de sortie, on peut voir encore encastrée dans le mur du haut le second exemplaire de l'inscription dédicatoire d' Eumachia. L'édifice, comme presque tous ceux du Forum, était encore en reconstruction en l'an 79 ; on y a trouvé un bloc de marbré portant la ligne blanche destinée à guider la scie des ouvriers.


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LE TEMPLE DE VESPASIEN

Plan temple Vespacien Pompei

C'est M. Mau qui a donne à cet édifice découvert en 1817-1818, le nom qu'il porte aujourd'hui. Les preuves sur lesquelles il appuie son opinion me paraissent la rendre certaine.
Après avoir franchi la porte qui ouvre sous le portique du Forum, on se trouve sous un autre portique autrefois soutenu par quatre colonnes corinthiennes devant lequel s'étend la cour à peu près carrée qui sert d'area à l'autel et au temple de Vespasien. Pendant un certain temps cet édifice a été utilisé par l'administration des fouilles comme dépôt de marbres antiques .
Adossé au mur de fond de la cour, le petit temple de Vespasien s'élève sur un haut podium auquel donnent accès deux petits escaliers latéraux, dissimulés. Quatre colonnes seulement en supportaient le fronton. La base de la statue est tout au fond de la cella.

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Si nous examinons le bas-relief qui décore la face de l'autel dressé au milieu de la cour, nous y voyons la représentation du temple dont nous avons les ruines sous les yeux. Quatre colonnes au milieu desquelles ouvre la porte soutiennent le fronton. Ils  reprisent  un jour de fête ; une guirlande déroule son feuillage ; au-dessus de l'entrée une draperie qu'un bouclier divise en deux festons orne l'architrave. En avant, sur un autel provisoire en forme de trépied, on célèbre un sacrifice. C'est le sacrifice qui fût offert le jour de la dédicace du Temple. Le prêtre, un pan de sa toge ramené sur la tète, verse avec une patère l'offrande sur l'autel.
Devant lui un victimaire arme du maillet et ses deux aides amènent le taureau qui doit être immolé à l'empereur vivant ou à son Génie.

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Derrière le prêtre, deux jeunes servants portent les choses nécessaires au sacrifice. Dans le fond, on voit le joueur de flûte et les licteurs reconnaissables à leurs faisceaux. Sur une des faces latérales de l'autel, celle de gauche, figurent les vases sacrés qui ont servi au sacrifice : le vase en forme d'aiguière, le simpulum, cuillère à manche vertical, la patère ronde ; de l'autre coté, à droite, l'acerra, boîte à encens, le mautelium, serviette, le titus, bàton recourbé. La face postérieure offre une couronne de chêne entre deux branches de laurier. La couronne civique et le laurier figurent sur les monnaies d'Auguste ; le laurier, que n'avaient pas conserve les successeurs d'Auguste, reparait pour la première fois sur les monnaies de Vespasien et de Titus. C'est le principal argument sur lequel M. Mau appuie l'attribution du temple à Vespasien ou à son Génie. Il est certain, puisque la dédicace à été célébrée, que le temple proprement dit était achevé au moment de l' éruption. Mais le mur d'enceinte de la cour n'avait pas encore reçu son revêtement de stuc ou de marbré La décoration de ce mur, uniforme sur tout le pourtour, consistait en panneaux rectangulaires, encadrés dans des moulures surmontées de frontons alternativement triangulaires et cintrés et séparés par des pilastres à faibles saillie .Au fond de la cour, une porte ouvre sur des pièces qui communiquent avec les dépendances du temple voisin, pièces ayant sans doute appartenu à des maisons expropriées quand la construction de ces édifices condamna une partie des rues où elles s'élevaient; on les utilisa pour loger les gardiens du temple. De ces dépendances, on peut à gauche entrer dans le soi-disant temple des Lares, à droite longer le coté sud du temple de Vespasien pour aboutir sous la porte du monument voisin appelé édifice de Eumachia ; de sorte que, sans passer par le Forum et sans traverser les édifices, il était possible d'aller du temple des dieux Lares au monument de Eumachia et d'en sortir par la rue de l'Abondance en suivant le cryptoportique de ce dernier édifice.

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TEMPLE DES LARES ou LARARIUM

Plan temple des lares Pompei

Ce temple a été construit après le tremblement de terre de 62 après JC et a été consacrée à Pompéi aux Dieux Tutélaires comme un acte d'expiation pour le malheur que la ville avait souffert. Bien qu'il n'ait pas été achevé au moment de l'éruption, ce qui reste suggère que son architecture est tout à fait inhabituelle. Il était complètement ouvert sur le côté donnant sur le Forum et pourrait être atteint par un portique attenant à la colonnade du Forum, dont les bases sont encore visibles. 

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Le Temple des Lares ou Lararium, a été découvert pendant les années 1812-1817. Rien, dans les débris qu'on y a trouvés, aucune inscription n'ont permis de lui assigner une attribution certaine. Aussi, comme le marché, il a tour à tour reçu les noms les plus divers : Comitium, Curie, Senaculum, Temple de Mercure. L'opinion qui en fait le temple des Lares publics  est purement hypothétique et ne repose sur aucune preuve. Je lui laisse ce nomi (nom) faute d'en trouver un autre et parce que c'est celui sous lequel il est maintenant connu. Il y avait peut-être quelque part à Pompéi un sanctuaire dédié aux Lares et au Génie de l'Empereur. Auguste avait complètement réorganisé, entre les années 14 et 7 avant J.-C, le culte des dieux Lares dans tout l'empire.

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A leur nom de Lares publics, il avait substitué celui des Lares Augustis; dès lors dans les temples, dans les carrefours de Rome, l'image du Génie de l'empereur figura entre celle des Lares. Auguste, tout en refusant qu'on lui élevât des temples de son vivant, sut ainsi, par le culte le plus étendu et le plus populaire, répandre dans le peuple l'idée de la consécration divine de son autorité. En face de ce temple, sous le portique du Forum, se dressaient sur des bases, sept statues. A l'intérieur, une grande cour rectangulaire pavée en marbré, de 18 mètres sur 20, forme l'area d'un autel dont on voit encore, au centre, le soubassement. Au fond, une abside voûtée et surmontée d'un fronton abrite une base assez large pour que plusieurs statues aient pu y trouver place.

De chaque coté, une niche ornée dune statue flanque l'abside. Les murs latéraux sont percés chacun de trois niches. A la suite près de la porte d'entrée, dans une chambre peu profonde abritée sous un fronton à colonnes, un haut piédestal supportait une statue de grandes proportions. Près du piédestal de droite, une porte communiquait avec les habitations des gardiens situées derrière le temple. Les statues ont disparues ; difficilement on peut leur donner des noms.
Ce monument, dont la construction a fermé une rue, est de l'époque impériale; l'opus reticulatum et les briques qui entrent dans sa construction en sont une preuve suffisante. Ce vaste espace découvert, avec la haute voûte de l'abside qui le termine, ses deux chapelles latérales, ses niches ornées de statues et le revêtement en marbres précieux de ses murs devait être d'un aspect imposant.


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LES ARCS DU FORUM

Plan des Arcs Forum de Pompei

Du coté nord, la façade du temple de Jupiter était flanquée à droite et à gauche de deux arcs de triomphe. Celui de gauche existe encore. Celui de droite ne fut  sans doute pas reconstruit après le tremblement de terre, parce que, plus en arrière, à la hauteur du mur de fond du temple de Jupiter, on avait construit un arc plus grand. On peut voir encore, dans le dallage du forum, la place de ses fondations. Par sa disparition l'harmonie de ce coté du forum fut détruite.
L'arc de gauche, dont l'arche unique a trois mètres d'ouverture, d'une ornementation simple, en briques recouvertes de marbré, ne porte pas le nom de la personnalité  à qui il fut dédié.

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L'arc plus grand, qui sert d'entrée au Forum de l'autre coté du temple de Jupiter, a une ouverture de 4 mètres 15 centimètres et une largeur totale de plus de 10 mètres. Au-dessus de sa base en calcaire blanc, l'arc en briques a conserve sur ses deux faces des restes de ses piliers, de ses pilastres et de son revêtement en marbré. Un fragment d'inscription donne du crédit à l'opinion qui le dédie à Tibère et place dans les niches qui regardent le forum les statues de Néron et de Drusus. Un peu au nord du Forum, à l'endroit où la rue de Mercure perd son nom pour se continuer par la rue du Forum et dans le même alignement, se dresse un autre arc en briques revêtu de marbre. Il a une seule arche de trois mètres d'ouverture; sa largeur totale est de six mètres et demi et sa hauteur actuelle de près de dix mètres. On a retrouvé quelques fragments de la statue équestre en bronze du personnage inconnu qui le surmontait. On ne sait trop si c'était Néron ou Caligula. L'arc qui marquait l'entrée du Forum et l'are de la rue de Mercure étaient utilisés pour le service des eaux.

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lE MARCHE PUBLIQUE ou LE MACELLUM

Plan macellum Pompei

A l'origine c'est aux Forums que se tenaient les marchés, ou, pour parler plus exactement, le Forum était la place du marche. A certains jours, les paysans des campagnes voisines et des revendeurs installaient, sur cette place libre et découverte, des boutiques volantes ou des tables. Ils y vendaient des volailles, du gibier, des fruits, des légumes, des poissons, des ustensiles de ménage et de cuisine, de la ferraille, des instruments d'agriculture, des vases en cuivre et en terre. Des bouchers, des boulangers, des charcutiers, des marchands de drap, de chaussures, faisaient des installations provisoires; des gargotiers ambulants abreuvaient et nourrissaient les marchands et les acheteurs venus de loin. Bientôt, aux opérations commerciales se mêlèrent les manifestations de la vie civile; 

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des gens qui n'étaient ni acheteurs ni vendeurs prirent l'habitude de se réunir sur cette place et d'y venir causer de leurs affaires, de celles de la ville, ou simplement d'y flâner. Peu à peu, ces réunions prirent un caractère officiel ; quelquefois peut-être, il y eut conflit entre le marche et les réunions publiques improvisées ou préparées. Les édiles durent intervenir et, peu à peu, les marchands contraints d'abandonner le Forum s'établirent tout autour, dans des boutiques. Mais celles-ci, bientôt occupées par des industries de luxe plus conformes à la nouvelle clientèle du Forum, finirent par être expropriées pour faire place à des édifices publics. On pensa alors à construire un marche suffisant pour abriter les marchands. Ainsi les choses se passèrent à Rome; probablement à Pompéi aussi et dans les autres villes, les mêmes causes produisirent les mêmes effets.

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Il semble toutefois que le nouvel édifice ne suffisait pas à contenir tous les vendeurs qui y affluaient et que le trop-plein du marche se déversait encore sur le Forum. Nous en avons comme preuve les peintures dont nous avons parie plus haut où des marchands de toutes sortes installés devant les portiques du Forum de Pompéi y écoulent les produits de leur industrie.
Le marche occupe l'angle nord-est du Forum dont le portique, particulièrement orné en cet endroit, lui servait de vestibule ; ses colonnes, au lieu d'être comme partout ailleurs en calcaire, ont été pour les deux étages, taillées dans un beau marbré blanc de Carrare, avec épistyle, frise et corniche d'un bon travail. 

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A l'intérieur du portique et tournées vers le marche, des bases, au pied de chacune des colonnes, supportaient des statues, dix-sept en tout. Le marche lui-même n'a pas de façade ; au mur de devant s'adossent des boutiques à profondeur décroissante qui en corrigent l'obliquité. Dans la dernière à droite, la moins profonde, on a établi une petite chapelle. Des statues posées sur des bases en marbré dissimulaient l'extrémité des murs de séparation de chacune des boutiques. La porte du marche, cintrée et doublé, était divisée en deux parties par un édicule recouvert de marbré, encadré de colonnes et qui, autrefois, abritait dans sa niche une statue. A droite et à gauche, un peu en avant, se dressent encore deux bases.
La porte franchie on se trouve au milieu d'une area rectangulaire, longue de 37 mètres sur 27, entourée d'un portique dont le stylobate seul subsiste encore.

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Au centre, un singulier monument attire de suite l'attention. C'est un socle dodécagonal, peu élevé, sur lequel s'élèvent, disposées en cercle, douze bases rectangulaires. Faute d'en comprendre la nature, on donna à tout l'édifice les attributions les plus diverses. Pendant longtemps, la plus accréditée en fit un Panthéon parce que l'on croyait que chacune des douze bases portait autrefois la statue d'un des douze grands dieux. C'était une erreur. Sur chaque base reposait une colonne et sur les douze colonnes un toit rond ; le petit édicule ainsi forme s'appelait tholus. Ce monument caractérisait beaucoup de marchés antiques ; on l'a maintes fois rencontré dans les fouilles en Italie, en Grèce, en Asie ; Varron en fait mention tholus macelli ; il figure sur une monnaie de Xénon représentant un marche de Rome ; on la trouvé bien conserve au centre du marche de Pouzzoles vulgairement appelé Temple de Sérapis.

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Le tholus du marche de Pompéi abritait un petit bassin dont un canal souterrain conduisait les eaux à l'égout ; il conte-
nait assez d'écailles de poissons pour accréditer l'opinion que, dans ce bassin, avant de les livrer, les marchands lavaient et écaillaient les poissons vendus.
Le mur intérieur sud, celui de droite en entrant, est garni de onze boutiques exposées au nord, ouvrant sous le portique du marche et surmontées, au premier étage, d'une chambre à laquelle un escalier en bois ou plutôt une échelle donnait accès. Le long du mur oppose, les boutiques, si elles avaient été tournées vers l'intérieur du marche, auraient regardé le sud, exposition funeste, dans les pays chauds, aux marchands, aux clients et aux denrées ; aussi ces boutiques sont reportées de l'autre coté du mur et par suite ouvrent sur la rue.

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Trois salles de plus grandes dimensions occupent le mur de fond du marche. Celle du centre, surélevée de cinq marches, était évidemment consacrée au Culte des Empereurs. On y a retrouvé, dans des niches, la statue de Marcellus et celle de sa mère Octavie, sœur d'Auguste. Les deux niches qui leur font face sont vides aujourd'hui et aussi le piédestal du fond. De la statue qui occupait ce dernier piédestal il ne subsiste qu'un bras tenant un globe ; c'était la statue d'Auguste ou de l'un des empereurs qui lui ont succède jusqu'à Titus, probablement celle de Claude ; en ce cas, les deux niches vides auraient contenu les statues de sa femme Agrippine et de Xéron, son fils adoptif. La salle voisine, celle de gauche, est d'une attribution moins claire. M. Mau y voit une salle de banquet à l'usage d'une corporation vouée au culte des empereurs, peut-être celle des Augustales. 

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Dans la partie libre de la salle, à gauche, la table était dressée. Sur la plate-forme du fond, pourvue d'un escalier, on plaçait la statue de l'empereur ; en avant de la plate-forme, un socle carré, à deux degrés, très bas, porte une sorte de plateau en tuf noir percé, à l'une de ses extrémités, d'un trou pour l'écoulement des liquides ; ce serait l'autel des libations. Sur le bloc carré, recouvert de marbré, qui est à droite, à l'entrée, on déposait les choses nécessaires pour le service du banquet Il y avait déjà au marche, tout à coté, une chapelle dédiée au culte des empereurs ; l'on a peine à croire que la salle qui nous occupe ait fait double emploi avec la chapelle ; l'on préfère y voir le lieu où se faisaient les ventes aux enchères. Dans l'espace libre, à gauche et aussi en avant, se tenaient les acheteurs ; sur la plate-forme du fond pourvue d'un escalier permanent, le commissaire-priseur et son scribe ;

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sur le bloc, près de l'entrée, on plaçait les denrées destinées à être vendues. Enfin le socle carré, bien bas pour un autel, recevait la chose mise en vente. Quand on y avait déposé quelque denrée après laquelle un lavage immédiat était nécessaire, la forme du plateau, le trou ménage dans un de ses rebords pour l'écoulement du liquide faisaient l'opération prompte et facile.
L'attribution de la salle de droite est moins sujette à discussion. Trois des côtés sont occupés par un comptoir derrière lequel le marchand pouvait circuler. A gauche, on vendait le poisson : l'inclinaison du comptoir et du sol, les rigoles par où s'écoulait l'eau déversée des baquets où séjournait le poisson, tout est aménagé d'une façon très pratique. Le comptoir de droite servait d'étal aux bouchers. Près de la porte de cette salle, une cassette dont il ne subsistait que des débris, contenait,

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 outre un anneau d'or avec intaille en pierre et différents objets, 354 monnaies de grand module, 188 de moyen module, 586 de petit module, en tout 1128 monnaies en bronze de valeurs diverses, plus 35 petites monnaies en argent. C'était sans doute la réserve avec laquelle un marchand rendait la monnaie à ses pratiques. Outre la porte d'entrée que nous avons décrite, le marche avait une porte au centre du mur septentrional et une autre porte à l'extrémité du mur sud, près de la salle où se vendait le poisson et la viande de boucherie. Sur le mur de cette porte, à droite en sortant, on voit encore les restes de deux serpents peints de chaque coté dune niche qui, sans doute, a contenu la statuette du Génie du marche. 

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Le marché de Pompéi, orné d'œuvres d'art et de peintures, présentait un aspect dont ne sauraient donner une idée nos modernes marchés utilitaires. La face intérieure du mur qui regarde le Forum porte encore de belles peintures en deux registres ; celui d'en haut, divise en tableaux, représente les denrées qui se vendaient dans le marche : d'abord les poissons de toute forme et de toute dimension, dans des paniers ou sur des tables ; dans le tableau suivant, les volailles et les oiseaux, vivants ou tués, plumés et même tout dressés pour la broche ; puis des bouteilles, des bocaux, des vases contenant de l'huile, du vin, des olives, des fruits, des légumes secs et sans doute aussi ces sauces aux poissons, spécialité de Pompéi dont les Romains étaient très friands : la muria, muria casta, garum, garum castum, liquamen ; la marque d'Umbricius Scaurus était très demandée et aussi, pour le Garum, celle d'Umbricius Abascantus.

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Du tableau qui vient après, le quatrième, il reste juste assez pour montrer qu'on a- avait peint les fruits et les légumes. Les trouvailles en nature faites dans les boutiques confirment complètement les renseignements fournis par ces peintures ; elles ont fourni en effet des olives, des figues, des châtaignes, des fruits — prunes, raisins, poires — conservés dans des vases en verre ; des lentilles, des grains, du chènevis, des fèves, des pains, des mets tout préparés, des moules de cuisine et de pâtisserie ; une seule boutique renfermait 550 petites bouteilles.
Au-dessous, sur des panneaux séparés par des cadres peints et par les motifs légers d'une architecture irréelle appartenant à la bonne époque du quatrième style, des sujets mythologiques alternent avec de gracieuses figures : la première entrevue d'Ulysse revenu d'Ithaque et de Pénélope, Io surveillée par Argus, une des plus belles peintures de Pompéi, Médée préparant le meurtre de ses enfants ;

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puis l'amour et Psyché, un guerrier que couronne la Victoire, une apothéose, une joueuse de lyre. Sur les murs intérieurs de la porte Nord, des amours tressent des guirlandes, banquettent près d'un moulin qui symbolise la fabrication du pain, couronnent des ânes, célébrant ainsi les Vestalia, fête des boulangers. Dans la salle où se vendent le poisson et la boucherie, des divinités symbolisent le fleuve Sarno, la mer et les pâturages qui fournissent le bétail et les poissons. Dans la salle correspondante, du coté oppose, des amours jouent de divers instruments, dansent, banquettent, entourent l'aigle de Jupiter,
Il est facile de se figurer l'animation qui, les jours de marche, régnait dans ce lieu. Dans les boutiques permanentes, se pressait une foule sans cesse renouvelée.

 Le long des deux murs libres, sous le portique, les marchands ambulants, les femmes de la campagne, établissaient leurs étalages provisoires sur des tréteaux, apportaient leurs paniers pleins des denrées dont les murs reproduisent les images que nous avons décrites plus haut et aussi des produits dont Pompéi avait la spécialité et que vantent les auteurs : les oignons, les concombres, les raisins, etc. Sur l'area encore, autour du tholus, des marchands posaient à terre leurs paniers, faisaient l'article, appelant les acheteurs, discutant le prix, la "qualità"; la quantité et aussi le poids qui, d'ailleurs, pouvait être vérifié en face, aux mesures publiques; tandis que des curieux, des flâneurs, circulaient, formaient des groupes, causaient, augmentant encore ce bruit et cet encombrement qui les amusaient. Par les deux portes, celle du Forum et celle de la rue des Augustales, sur laquelle ouvraient la moitié des boutiques, se pressaient, comme devant une ruche, entrant et sortant, des ménagères, des acheteurs de tout sexe, de tout âge et de toute condition.

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Le Forum Triangulaire et les Theatres...