Le Quotidien de Pompei et herculanum   

Dans ces Chapitres, sous le titre de "Quotidien", nous allons analyser les uses et coutumes de la société romaine à Pompéi et Herculanum. Nous allons retrouver les éléments de cette civilisation de Campanie: le jeune, sa naissance, le jeu, la vie au sein de la famille et de la société, le tout confronté aux institutions citadines dictées par Rome aux Colonies Campanes.

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  Ch.1 - Enfant Romain  

A) La naissance...

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Des couronnes de fleurs, posées aux portes de la maison, annoncent que la famille s'est agrandie d'un enfançon (Filiolo me auctum scito ). Comme c'est un garçon, il est accueilli avec joie : la famille se perpétuera. Aussi l'heureux père le soulève-t-il  (attollere, suscipere) pour marquer qu'il le reconnaît. Malheur à l'enfant qui n'est pas  "soulevé" et qui n'est pas pris dans les bras de son pere.  On l'expose au Fo­rum ou sur la voie publique; la Loi des XII Tables sur les naissances, ordonnait de faire disparaître les enfants faibles ou difformes, et cette cruelle législation ne sera abolie que par les empereurs chrétiens.
Le 9e jour après celui de la naissance (dies natalis) (le 8e pour les filles), se place le jour lustral (dies lustricus). Au cours d'une céré­monie de purification, l'enfant reçoit un prénom : il le portera toute sa vie et, jusqu'au sortir de l'enfance, n'aura aucun autre nom. A l'epoque deja, un nom était  personnel et unique

b) Le Nom et Divinité...

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Tout citoyen romain porte trois noms distincts :
le Praenomen , qui désigne la personne au sein de la famille ;
le Nomen (gentilicium) , qui désigne la gens, ensemble des familles issues d'un même ancêtre (pater) et célébrant le même culte (sacra gentilicia) ;
le Cognomen qui désigne la famille au sein de la gens.
Marcus Aemilius Scaurus, par exemple, appartient à la gens Aemilia (nom gentilice), à la famille des Scauri (surnom), et son prénom est Marcus.
A ces trois noms s'ajoutait parfois l'Agnomen,  c'est un titre personnel ou la trace d'une adoption. Ainsi, le vainqueur de Carthage se nommait P. Cornélius Scipio Africanus ; de son côté, l'empereur Auguste, fils de Marcus Octavius, mais adopté par Jules César, s'appelait C. Iulius Caesar Octavianus (les 3 noms du père adoptif + un agnomen tiré du nom du père réel,  suffixe - anus). On remarquera que l'Agnomen est toujours un nom individuel, tandis que le cognomen passe de génération en génération : par exemple un ipotetique Marcus qui a un joli petit pied, pourtant on l'appellera  "pied-bot" en latin "scaurus" toute sa vie ; on trouve aussi Longus Naso, Barbatus, Ahenobarbus, A fer, Cicero ...). Le fait est d'autant plus typique que, dans l'usage cou­rant, on désignait un homme par son prénom et son cognomen : M. (Tullius) Cicero, C. (Iulius) Caesar, Ti. (Sempronius) Gracchus, L. (Cornélius) Sulla(l)...

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Enfin, porter un nom de gens patricienne n'était pas de soi, un signe de noblesse ; là jouaient les effets de l'affranchissement et de l'adoption : ainsi, Cicéron n'était certaine­ment pas un descendant de la vieille gens Tullia de l'époque royale .
Le nom des filles était plus simple ; elles rece­vaient le nom féminisé de la gens : Aemilia, Iulia, Sempronia ... et par ordre d'âge, Aemilia, Aemilia Minor, tertia, quarto, ou Aemilia Major.
A la fin de la cérémonie du dies lustricus, Quintus a suspendu au cou de son fils Marcus une bulle d'or, "bulla aurea" ; chez les pauvres, elle est de cuir, la bulla scortea. La plupart du temps, elle contient un talisman ou porte-bon­heur : vieille superstition héritée des Etrusques.
Une foule de divinités, aux noms les plus evocateurs, veilleront sur le bambin  : Cuba, déesse du sommeil, Fabulinus, dieu de la parole, Potina et Educa, dées­ses du boire et du manger, Abeona et Adeona, déesses des premiers pas ; Iterduca le protégera dans les rues et Domiduca le ramènera à la maison.

c) La premiere education

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Une fois sorti des langes, l'enfant romain, revêtira la toge prétexte (toga praetexta) bordée de pourpre, comme celle des séna­teurs.
Avant les guerres Puniques et l'influence grecque, le jeune enfant est directement élevé par sa mère, puis, vers l'âge de 7 ans, pris en charge par son père : c'est lui qui apprendra à l'enfant les exercices corporels et les lettres, c'est lui qui, plus tard, l'initiera à la vie pu­blique ; sans l'ingérence de l'Etat, qui ne s'occupe pas d'éducation, sans aucun intermédiaire (esclave, pédagogue). Cette première édu­cation est tournée tout entière vers la formation du caractère : virtus romana, faite de résistance physique, de tempérance, de courage et de domination de soi.
Sous l'influence grecque, apparaît le sens de la culture intellectuelle désintéressée, de même que se développe la pratique de la pédagogie à domicile : les guerres longues et incessantes enlèvent le père du foyer et obligent de recourir aux services d'un spécialiste appointé. Celui-ci voudra faire de l'adolescent, non seulement un bon soldat et un bon politique, mais un homme formé dans toutes ses facultés. Les écoles se multiplient pour combler les lacunes de l'initiative familiale, mais elles restent totalement indépendantes de l'Etat.
Peu à peu,  les idées nouvelles (les Res Novae) estompent le respect de la coutume ancestrale  (le Mos maiorum) : la formation intellectuelle y gagne, non la valeur morale. De leur côté, les parents se désinté­ressent trop souvent de l'éducation de leurs enfants.
Notons d'un mot que les filles recevaient la même formation que les garçons : ne devaient-elles pas être un jour capables d'éduquer leurs fils ?

d) Jeux et Jouets

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A quoi les enfants romains pouvaient-ils bien jouer ? Des textes, des peintures, des mosaïques, des figurines nous révèlent quelques-uns de leurs passe-temps.
Le jour même où le père donne à l'enfant un prénom, il lui offre un premier jouet, auquel viendront s'en ajouter d'autres, au gré des anni­versaires ou des fêtes de nouvel an : polichinelle articulé, cheval à rou­lettes et toutes sortes de bêtes, les unes vivantes, les autres en métal, en bois ou en argile.
Une fois franchi le stade de la petite enfance, les jeunes romains se plaisent — comme d'ailleurs tous les enfants — à imiter les gestes et les attitudes de leurs aînés. Aussi, les filles  jouent-elles à la poupée ; elles disposent de tout un ménage avec meubles et ustensiles miniature et s'initient aux diverses tâches d'une bonne Matrona (mère de famille). Notre enfant romain, lui, s'est senti tout d'abord une âme de guerrier et, à côté des berceaux de poupées, il alignait ses légionnaires de plomb. Devenu plus grand, il s'est passionné pour la vraie " petite guerre" avec des amis ; mais, depuis qu'un jour il en est revenu avec un œil poché, il a définitivement opté pour la magistrature. Revêtu de la toge à bande de pourpre (praetexta), il joue le rôle de préteur (juge) et préside un tribunal improvisé, où le pauvre accusé se voit invariable­ment défendu par des avocats malhabiles, et brutalement emprisonné par les licteurs, sous le regard impitoyable du praetor.

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Les garçons s'adonnent encore à toutes sortes de jeux semblables aux nôtres : cache-cache, balançoire, échasses, trottinette et diabolo. Les plus fortunés ont parfois à leur disposition un petit char à deux roues (une biga), attelé d'une chèvre ou d'un chien : de quoi organiser une course ou un triomphe ! Il n'est pas rare de trouver, dans les recoins du Forum, des potaches qui, à coups de dés (aleae) ou d'osselets (tali), risquent toute la fortune de leur tirelire. Mais, tous jouent le plus souvent à la balle (pila), à la toupie (turbo), au cerceau (trochus), aux billes. Ces dernières ne sont que des noix (nuces) ; d'où l'expression "Nuces Relinquere", qui signifie  "sortir de l'enfance".
Quand ce moment sera venu pour cet enfant, il offrira ses billes et autres jouets aux dieux lares (dieux domestiques). De même, à la veille de leur mariage, ses sœurs abandonneront leur poupée à Vénus ou à Diane.
De tout ce petit monde de rêve, seules ont survécu, dans les tombes d'enfants, quelques figurines, vestiges touchants de la sollicitude et de l'affection familiales.



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