Ch. 8  La Religion   

A. Principe

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Ne cherchons dans la religion romaine ni une vie spirituelle, ni une inspiration morale, ni une doctrine de vie ! Le Romain est d'esprit pratique et juridique : l'Etat, la famille et l'individu sont liés aux divinités par un contrat mutuel, en vertu duquel les dieux s'engagent à protéger ceux qui leur rendent un culte défini par le mos maiorum. Les cérémonies sont-elles accomplies selon les rites ances-traux, les dieux doivent accorder leur aide. Si les rites ont été imparfaits, malheur à celui qui est cause de cette déficience ! Tout le reste de la vie est régi par la coutume, la tradition ou le droit.

B. Le Culte

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1.   Le culte familial est le plus important et le plus astreignant. Il consiste dans les devoirs à rendre aux âmes des ancêtres défunts : le lar familiaris, âme du fondateur de la famille (représenté sous la forme, toute menue, d'un jeune homme) ; les mânes, âmes des autres ancêtres ; les pénates, génies chargés de la prospérité matérielle de la famille.
Ces dieux familiaux ont une chapelle, le lararium, placé d'abord dans l'atrium, puis dans le péristyle. Le pater familias est le prêtre de ces cultes ; un esclave en est le sacristain.
2. Le culte populaire est l'expression spontanée du besoin reli­gieux et l'occasion de réjouissances publiques : ainsi, les lares com­pilâtes, génies protecteurs des carrefours, étaient l'objet d'un culte de quartier.
3.  Le culte sacerdotal était célébré à l'initiative de sodalitates sa-cerdotum, associations de prêtres voués à un culte particulier et invi­tant le peuple à des cérémonies fixes : ainsi, les Luperques, le 15 fé­vrier de chaque année, conviaient le peuple à un sacrifice et à un banquet.
4. Le culte public (sacra publica) était celui de l'Etat. Il était soumis au contrôle et à l'initiative des collegia sacerdotum, et spécia­lement du Pontifex Maximus. Celui-ci était le responsable principal du culte à rendre aux dieux protecteurs de la cité (Pénates publici) et aux dieux supérieurs (triade capitoline : Jupiter, Junon, Minerve). Les cérémonies se déroulaient au Capitole. Quant au foyer (1) de l'Etat; Enée avait, croit-on, apporté de Troie le feu éternel de Vesta, gage de l'empire du monde. Ce feu se conservait aussi dans chaque maison particulière) et il était gardé et entretenu au temple de Vesta : ce soin in­combait aux Vestales. Vivant en communauté, sous l'autorité de la Grahde Vestale, elles renonçaient au mariage et s'astreignaient à une règle de vie stricte. En compensation, ces prêtresses étaient l'ob­jet d'un respect universel et, comme les hauts dignitaires, elles sor­taient précédées d'un licteur.

C. Les ceremonies

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En principe, rien d'important ne se fait, dans la vie publique ou privée, sans la célébration d'une cérémonie rituelle. Quelles sont ces cérémonies ?
1.   Devotio, par laquelle, pour un intérêt général, on voue une personne aux divinités infernales. Cette personne devient sacra.
2.  Lectisternium ou repas offert aux dieux (représentés par un mannequin couché sur un divan).
3.   Libatio de vin, de miel, de lait, que l'on répand en l'honneur de la divinité.
4.  Lustratio ou procession de purification autour des personnes ou des lieux que l'on veut purifier. Cette cérémonie s'achève souvent par le sacrifice d'un porc, d'une brebis et d'un taureau : suovetaurile (sus - ovis - taurus).
5.   Sacrum ou sacrificium : élément essentiel du culte. Immolation d'une victime animale (victima ou hostia) dont la tête est ornée de bandelettes (vittae) ; la victime immolée, on en fait deux parts : les chairs sont données aux assistants, les exta (foie, estomac, pou­mons, cœur, reins) sont soumis à l'examen des haruspices, qui en révèlent les présages {augurium).
Votum : vœu solennel par lequel on s'engage à accomplir telle ou telle chose.

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6.  Supplicatio : rite de prostration devant la statue du dieu, soit pour lui demander une faveur, soit pour le remercier.
7.  Ludus publicus : ainsi qu'il a été dit plus haut, les jeux pu­blics ont, du moins jusqu'au début de l'Empire, un sens religieux ; ils comportent une cérémonie (au moins une procession des divi­nités ou pompa) et ont pour but de capter l'énergie du dieu ou de satisfaire les âmes de défunts (gladiateurs).
8.  Enfin, les fêtes religieuses, qui abondaient dans le calendrier de chaque année ; citons les principales :
— la fête mensuelle en l'honneur de Jupiter, aux ides.
— les Lupercalia, le 15 février, en l'honneur du dieu Lupercus, loup-cervier.
— les Liberalia, le 17 mars, en l'honneur du dieu italique Liber (con­fondu plus tard avec Bacchus). C'est ce jour-là que les adolescents âgés de 17 ans déposaient la toge prétexte et prenaient la toge virile.
— les Palilia, le 21 avril, en l'honneur de Paies et en souvenir de la fondation de Rome.
—- les Lemuria, les 9, 11 et 13 mai, pour se prémunir des lémures ou larves, âmes des défunts non satisfaits.
— les Saturnalia, le 27 décembre, en l'honneur de Saturne, dieu de la semence enfouie dans le sol.

D.  L' Art Augural

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Rome possédait un corps d'augures {augur) et d'haruspices (harus-pex), auquel était dévolu l'interprétation des signes (pmen) que les dieux donnent aux hommes pour manifester leur volonté.
Les haruspices étaient spécialisés dans l'observation des entrailles d'animaux sacrifiés ; les augures, experts officiels des signes céles­tes, prenaient les auspices (auspicia, de ares spicere, considérer les oiseaux) en observant le vol des oiseaux ou l'appétit des poulets sacrés (tripudia).
Notre ami M. Scaurus vient d'être rappelé à l'armée ; il lui faudra partir pour un pays lointain, chez d'horribles barbares. Aussi est-il plein d'angoisse et, à la suggestion de sa femme, il décide de consulter un augure.
Son père en connaissait un, réputé entre tous, Q. Babuleius. Marcus se rend chez lui, et lui demande s'il a quelque chance de revenir de la dangereuse expédition.
Peu initié aux mystères de ces rites, il suit attentivement les faits et gestes de l'honorable Quintus.
Celui-ci prend son bâton augurai (lituus) et invite Marcus à l'accom­pagner au jardin. Là, l'augure délimite dans le ciel, d'un mouvement du lituus, un champ d'observation (templum). Puis, il se place à la ligne d'intersection de ce champ divisé en quatre parties et regarde vers l'est, en priant Marcus de regarder vers le sud.

Si un oiseau vole dans ce templum, venant de la droite d'un des observateurs, le présage sera favorable (dexter) ; si, au contraire, il vient de la gauche, il sera défavorable (sinister). Les deux hommes at­tendent quelques instants, puis, un vautour, qui planait vers l'Esquilin, pénètre dans le templum de Marcus, en venant de la droite.
Mais notre ami n'est pas apaisé : il deman­de à l'augure de se li­vrer à l'observation de l'appétit des poulets sacrés. Tout s'arrange au mieux : l'augure en possède deux. Il jette les grains, et les vola­tiles se ruent sur cette nourriture : heureux présage, confirmé en­core par le fait qu'un des poulets, dans sa hâte d'engloutir, laisse tomber des parcelles sur le sol.
Q. Babuleius est tout heureux d'avoir pu satisfaire  son    client ; dans l'euphorie de ces heureux présage, notre
ami lui laisse une large récompense ! Mais, en rue, il est pris d'un nouveau scrupule et décide de se rendre le lendemain au temple de Jupiter Capitolin, en compagnie de sa femme, pour offrir un sacrifice et consulter les haruspices. 



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